En prévision des élections municipales des 15 et 22 mars, la CGT a présenté les mesures qu’elle défend dans sa lettre ouverte aux candidat·es. Services publics, logement, transports… toutes les principales préoccupations des habitant·es ont été couvertes, sans oublier la lutte nécessaire contre une extrême droite plus que jamais en embuscade.
« Il est indispensable pour notre organisation, la CGT, attachée à des valeurs d’égalité, de solidarité, de porter nos propositions pour la réponse aux besoins sociaux en interpellant les futur·es candidat·es aux élections municipales. » Le 6 février dernier, la CGT a présenté à la presse les propositions qu’elle défend pour des politiques publiques à la hauteur des besoins en proximité. Au programme : 10 thématiques propres aux prérogatives des maires, réunies dans une lettre ouverte transmise au futur·es candidates par les biais des organisations en territoires.
Développer les services publics pour permettre aux agent·es de remplir leurs missions
Des critères sociaux et environnementaux dans les marchés publics
Une politique de logement qui réponde aux besoins
Une gestion de l’eau sociale et environnementale
Un développement et une décarbonation des transports collectifs
Une éducation inclusive et publique
Une action sociale et un accès à la culture renforcés
Un accueil de qualité pour la petite enfance et les personnes âgées dépendantes
Une offre de soin de proximité
La défense des libertés syndicales
Aucune alliance avec l’extrême droite
Plus de 650 listes ont été déposées par l’extrême droite, qui vise à conquérir un nombre incalculable de mairies. « Notre campagne d’interpellation vise aussi à tirer un signal d’alarme » explique Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. « Pour empêcher l’extrême droite d’entrer dans nos villes, il faut répondre aux exigences sociales et environnementales, c’est aussi pour ça qu’on pose ces 10 exigences. » La CGT pose une 11e exigence : le refus de toute alliance avec l’extrême droite, au premier comme au second tour. « L’extrême droite n’est pas une force républicaine » rappelle Sophie Binet, « c’est un danger pour la cohésion du pays, pour les libertés ».
Le bilan de l’extrême droite dans les villes qu’elle contrôle est éloquent :
- à Hénin-Beaumont, la mairie d’extrême droite à remis en cause les financements de la Ligue des droits de l’homme et du Secours populaire, et sa reprise en main du théâtre municipal s’est traduite par une modification en profondeur de sa programmation pour servir une bataille idéologique réactionnaire ;
- à Béziers, 200 postes de fonctionnaires ont été supprimés, ce qui veut dire plus de précarité et moins de services publics ;
- à Fréjus, l’extrême droite a fermé le dernier centre social ;
- de manière générale, l’extrême droite remet en cause la laïcité, et laisse libre cours à des politiques racistes et réactionnaires.
Pour autant, l’avancée de l’extrême droite n’est pas inexorable : à Perpignan, la mobilisation de la CGT et de nombreuses associations a fait reculer le maire Rassemblement national dans son projet de rebaptiser une rue du nom d’un militant de l’OAS, organisation raciste, anti-républicaine, qui a tenté de faire un coup d’État en 1962.
« La CGT va être cette année extrêmement mobilisée pour empêcher l’extrême droite d’arriver dans nos villes » annonce Sophie Binet, avant de préciser que dans les prochains jours des initiatives unitaires seront dévoilées.